# Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses ![](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-142617.jpg) **Date:** 29 mai 2026 **Source:** [PIX GEEKS](https://pix-geeks.com) **Catégories:** [Best of](https://pix-geeks.com/featured/), [Cinéma](https://pix-geeks.com/cinema/) > [Films](https://pix-geeks.com/cinema/films/), [Geek](https://pix-geeks.com/geek/) > [Super-héros](https://pix-geeks.com/geek/super-heros/) > [Marvel](https://pix-geeks.com/geek/super-heros/marvel/) **Personnages récurrents, sous-sagas, identité de franchise assumée… Bien avant que les studios hollywoodiens ne popularisent le concept d’univers cinématographique partagé, le cinéma populaire français des années 1970 avait déjà tout compris avec 22 films et des dizaines de millions de spectateurs.** Chaque fois qu’un journaliste culturel évoque l’origine des univers cinématographiques partagés, la même genèse est convoquée : [Iron Man](/film/iron-man/), 2008, scène post-générique, Nick Fury qui pousse la porte d’une chambre d’hôtel. Et le tour est joué, Marvel Studios aurait inventé quelque chose de fondamentalement nouveau, une façon inédite de penser le cinéma comme architecture narrative à long terme. C’est oublier, un peu vite, ce qui se passait dans les salles obscures françaises entre 1971 et 1984. Une galaxie de films militaro-comiques **avait déjà construit son propre univers étendu** : personnages qui reviennent d’un film à l’autre, acteurs fidélisés, grammaire visuelle partagée, sous-franchises emboîtées. La saga [Les Bidasses](https://pix-geeks.com/univers/les-bidasses/) et son extension naturelle, la trilogie de [La Septième Compagnie](https://pix-geeks.com/univers/la-septieme-compagnie/), a structuré le cinéma populaire français avec une logique que Kevin Feige n’aurait pas reniée. ## Le cinéma français des seventies fonctionnait déjà par marques Pour comprendre pourquoi Les Bidasses constituent un phénomène de franchise, il faut replacer le cinéma français des années 1970 dans son contexte économique. À cette époque, le modèle dominant **repose sur l’acteur vedette** : Louis de Funès, Belmondo, Delon valent des millions d’entrées garanties, indépendamment du scénario. Les producteurs surfent sur cette fidélité du public. Ce que font **Les Charlots**, le groupe comique qui incarne le cœur des [Bidasses en folie](https://pix-geeks.com/film/les-bidasses-en-folie/) et de ses suites, c’est d’opérer une mutation importante : ils transforment non plus un acteur-star, mais **une bande**, une ambiance, un type d’humour en marque déposée. Gérard Rinaldi, Gérard Filipelli, Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner, ces noms ne brillent pas au firmament des grandes vedettes, **mais leur association crée une identité reconnaissable**, une promesse de spectacle que le public vient chercher de façon répétée. ![Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-140335.jpg) Le mot « bidasse » lui-même effectue une transformation sémantique. Ce terme d’argot militaire désignant le simple soldat devient, en quelques films, une véritable appellation commerciale. On va voir « un bidasse » comme on dit aujourd’hui qu’on va voir « un Marvel » et la comparaison ne s’arrête pas là. La saga des Bidasses en chiffres c’est tout de même : - 22 films produits - 13 années de franchise - 7,5 millions d’entrées pour le 1er film - 40 millions de spectateurs (Charlots seuls) Pas mal du tout si on se projette 40 ans dans le passé ! - Coffret Les Charlots 4 DVD : Bons baisers de Hong-Kong / Le Grand bazar / Les Quatre Charlots mousquetaires / Les Bidasses s’en vont en guerre Marque: Votre marque Coffret Les Charlots 4 DVD : Bons baisers de Hong-Kong / Le Grand bazar / Les Quatre Charlots mousquetaires / Les Bidasses s’en vont en guerre 28,50 € - COFFRET 2009 : CHARLOTS (LES) – 4 DVD 38,00 € ## Les Bidasses en folie : un film qui a lancé une saga Le 15 décembre 1971, **Les Bidasses en folie** sort dans les salles françaises. Le film, réalisé par un certain Claude Zidi, dont c’est le tout premier long métrage, suit cinq copains passionnés de musique pop que le service militaire rattrape inévitablement. Le scénario tient sur un coin de nappe, la mise en scène est fonctionnelle, l’humour est potache, antimilitariste, post-soixante-huitard dans l’âme. Et pourtant. Le résultat est stupéfiant : près de **7,5 millions de spectateurs en France**, faisant du film le plus grand succès de l’année 1971, devant [**La Folie des grandeurs**](https://pix-geeks.com/film/folie-grandeurs/) de Gérard Oury avec Louis de Funès et Yves Montand. Pour un premier film de réalisateur, avec une troupe de comiques **que le grand public ne connaissait qu’à travers leurs chansons humoristiques**, c’est un séisme commercial. ![Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses #2](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-140628.jpg) Ce succès engendre immédiatement une suite, puis une autre, puis une autre encore. Non pas parce qu’un plan éditorial sur cinq ans avait été conçu dans les bureaux d’une major, mais **parce que le public réclamait davantage**. La logique est inversée par rapport au MCU, ce n’est pas la stratégie qui précède l’audience, **c’est l’audience qui impose la stratégie**\.Le résultat, pourtant, se ressemble : une accumulation de titres partageant un même ADN. ## Un univers partagé étendu sur 22 ans Plusieurs caractéristiques structurelles permettent de ranger la saga des Bidasses dans la catégorie des **univers partagés**, au sens contemporain du terme. D’abord, la **continuité des acteurs**\.Gérard Filipelli et Jean Sarrus jouent dans l’intégralité des films des Charlots. Gérard Rinaldi n’abandonne qu’au dernier opus. Cette stabilité du casting crée une continuité d’identification pour le spectateur, on retrouve les mêmes visages, les mêmes postures, les mêmes dynamiques de groupe, d’un film à l’autre. ![Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses #3](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-140912.jpg) Ensuite, les **personnages récurrents**\.Le sergent autoritaire stupide, le soldat tire-au-flanc sympathique, l’adjudant incompétent : cette galerie de types fixes traverse les films comme autant d’archétypes familiers. Ce n’est pas très différent des personnages secondaires du MCU qui réapparaissent d’un film à l’autre pour consolider la cohérence narrative. ![Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses #4](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-140914.jpg) Il y a aussi une **identité visuelle et humoristique cohérente**\.Qu’on soit dans [Les Bidasses s’en vont en guerre](https://pix-geeks.com/film/les-bidasses-sen-vont-en-guerre/) (1974) ou dans [Arrête ton char, bidasse !](https://pix-geeks.com/film/arrete-ton-char-bidasse/) (1977), le public sait à quoi s’attendre : décor militaire, hiérarchie bafouée, quiproquos en cascade, énergie collective des Charlots. Cette prévisibilité n’est pas un défaut, c’est précisément ce qui fonde la fidélité d’une audience. ## La Septième Compagnie : la franchise spin-off des Bidasses Enfin, et c’est peut-être le point le plus remarquable, la saga génère ses propres **sous-franchises emboîtées**\.La trilogie de [La Septième Compagnie](https://pix-geeks.com/univers/la-septieme-compagnie/), initiée en 1973 avec **Mais où est donc passée la Septième Compagnie ?** fonctionne comme une franchise-sœur à part entière. [" rel="nofollow">!\[YouTube video thumbnail\](https://pix-geeks.com/wp-content/uwkmsq-1894/pxnetwork-frontoffice-wp-youtube-lyte/lyteCache.php?origThumbUrl=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2F3Ob1XwvGC1A%2F0.jpg) Lire cette vidéo sur YouTube]([Vidéo YouTube](https://youtu.be/3Ob1XwvGC1A)) Réalisée par Robert Lamoureux avec un casting distinct autour de Pierre Mondy et Jean Lefebvre, elle partage le même macro-genre militaro-comique mais dans un registre différent, **nostalgie de la Seconde Guerre mondiale** plutôt qu’ironie des années 1970. Le trio y incarne le Français ordinaire pris dans un chaos historique qui le dépasse, mélange d’incompétence assumée et de dignité bougonne. Une dynamique d’ensemble qui n’est pas sans rappeler celle des Avengers : chacun avec ses travers, ensemble plus efficaces que séparément. Le premier volet frôle les **\4millions d’entrées**, le second se maintient à un niveau comparable. Le troisième, en 1977, ne dépasse pas **1,8 million**, critiques assassines et visible épuisement créatif. Robert Lamoureux refusera un quatrième volet pourtant proposé par son producteur Marcel Dassault. **Une sagesse que d’autres franchises auraient pu méditer**. Et c’est exactement la structure des univers Marvel ou DC, où différentes équipes d’acteurs peuplent un même macro-genre : | MCU (2008) | Mécanisme | Saga Bidasses (1971) | | --- | --- | --- | | Personnages récurrents entre films | Continuité | Charlots présents dans toute la saga | | Casting d’ensemble fidélisé | Troupe | Filipelli & Sarrus dans tous les films | | Sous-franchises (X-Men, Avengers…) | Embranchement | La Septième Compagnie, spin-off de facto | | Humour et ton reconnaissables | Identité | Comique potache antimilitariste constant | | Annonce de suites planifiées | Momentum | Sorties annuelles pour entretenir l’audience | ## Chronologie de la franchise des Bidasses Pour saisir l’ampleur de la production, il faut se représenter le rythme de sortie. Entre 1971 et 1984, le genre du film de bidasses maintient une présence quasi continue dans les salles françaises, **avec parfois deux opus par an**. Voici les principaux jalons de cette saga protéiforme : | Année | Film(s) | Informations clés | | --- | --- | --- | | 1971 | Les Bidasses en folie | Claude Zidi / Les Charlots 7,5 millions d’entrées | | 1973 | Les Bidasses s’en vont en guerre Mais où est donc passée la Septième Compagnie ? | Deux franchises parallèles lancées la même année | | 1975 | On a retrouvé la Septième Compagnie | Pierre Mondy, Jean Lefebvre, Henri Guybet \4millions d’entrées | | 1977 | Arrête ton char… bidasse ! La Septième Compagnie au clair de lune | Deux fils narratifs en parallèle Stratégie de saturation | | 1978 | Général… nous voilà ! | La franchise s’étend Dilution progressive du genre | | 1981 | Faut s’les faire… ces légionnaires ! | Tentative d’exportation vers le cadre légionnaire | | 1984 | Le Retour des Charlots | Dernier opus de la saga principale | ## Le meilleur et le pire : les limites de la surexploitation La saga des Bidasses illustre avec clarté la loi implacable de tout univers étendu : **l’élargissement dilue**\.[Mais où est donc passée la Septième Compagnie ?](https://pix-geeks.com/film/mais-ou-est-donc-passee-la-septieme-compagnie/) reste le sommet de la franchise, tourné avec économie de moyens, il possède une unité de lieu, de ton et de rythme que ses suites perdront progressivement. ![Le MCU n’a pas inventé les univers étendus : avant Marvel, il y avait Les Bidasses #5](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/05/mcu-invente-univers-etendus-marvel-bidasses-141141.jpg) À l’autre bout du spectre, [Faut s’les faire… ces légionnaires !](https://pix-geeks.com/film/faut-sles-faire-ces-legionnaires/) (1981) représente ce que la surexploitation produit de moins inspiré : la transposition mécanique d’une formule dans un décor différent, sans que le déplacement apporte quoi que ce soit de neuf. Ce n’est pas une fatalité propre aux années 1970, **c’est exactement ce que l’on observe lorsque certaines phases du MCU** ont tenté de reproduire industriellement ce qui avait fonctionné avant. ## Le MCU n’a rien inventé : Les Bidasses ont préparé le terrain des franchises Les mécanismes popularisés par la saga, troupe d’acteurs fidélisée, déclinaisons d’une même situation de base, exploitation répétée d’un espace social particulier, se retrouvent directement dans les franchises qui ont structuré le box-office français ensuite. [Les Bronzés](https://pix-geeks.com/film/les-bronzes/) (1978) reprend le principe de la troupe dans un cadre vacancier. [Taxi](https://pix-geeks.com/film/taxi/) (à partir de 1998) exploite le filon de la comédie d’action marseillaise avec le même appétit de suite. Plus récemment, [Camping](/film/camping/) et ses suites constituent l’héritier le plus direct de la logique Bidasses : même type social ciblé, même unité de lieu récurrente, même taux de gags au kilomètre. Ce que la saga a inventé, bien avant que le mot « fandom » n’existe, c’est une forme de **fidélisation communautaire par le rire partagé**, une communauté de spectateurs qui se reconnaissaient dans un univers, une grammaire, une façon de voir le monde. Les univers cinématographiques étendus ne sont donc pas une création hollywoodienne du XXIe siècle, mais au moins en partie une création populaire française (il y aurait beaucoup à dire sur l’univers japonais de [Godzilla](https://pix-geeks.com/univers/godzilla/) ou l’univers italien de [Maciste](https://pix-geeks.com/univers/maciste/)). La saga des Bidasses, avec ses imperfections, ses ratés et ses sommets, est donc un ancêtre direct du modèle que Marvel a ensuite industrialisé et exporté à l’échelle planétaire… [!\[Fiche du film Les Bidasses en folie\](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/streaming/poster/l/les-bidasses-en-folie-9916-95020-135x200.jpg) Les Bidasses en folie 15/12/1971](https://pix-geeks.com/film/les-bidasses-en-folie/) [!\[Fiche du film Iron Man\](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/streaming/poster/i/iron-man-4734-29158-135x200.jpg) Iron Man 30/04/2008](https://pix-geeks.com/film/iron-man/) [Vidéo YouTube](https://www.youtube.com/watch?v=3Ob1XwvGC1A) --- **Article précédent:** [Dans quel ordre regarder Star Wars ? 7 façons de \(re\)découvrir la saga](https://pix-geeks.com/quel-ordre-regarder-star-wars/) | **Article suivant:** [Starfighter : quand se déroule le prochain film dans la chronologie Star Wars ?](https://pix-geeks.com/starfighter-chronologie/)