Il y a des comebacks discrets, et d’autres qui passent par les bleus et les cascades. Avec Fight or Flight, Josh Hartnett a choisi la manière forte. L’acteur, longtemps cantonné à des registres plus introspectifs, bascule ici dans l’action brute en réalisant lui-même l’essentiel des scènes de combat et des cascades. Un choix qui reflète l’ADN même du film : une action organique, loin des chorégraphies aseptisées et du montage frénétique.
Josh Hartnett a réalisé ses propres cascades dans Fight or Flight
À plus de quarante ans, Hartnett aurait pu s’en remettre aux doublures et aux effets numériques. Il a préféré l’authenticité. Selon les témoignages récoltés durant la promotion, l’acteur a tenu à effectuer lui-même les enchaînements les plus exigeants, persuadé que la crédibilité du film reposait sur cette proximité directe entre personnage et spectateur.
Le tournage a été intense : entraînements répétés, prises éprouvantes, combat après combat. Résultat : des bleus, des douleurs persistantes, une fatigue assumée. Hartnett n’a jamais cherché à minimiser cette épreuve physique, la considérant comme nécessaire pour redonner corps à son jeu et servir l’ambition du projet.
Fight or Flight : une approche du cinéma d’action pensée autour de l’acteur
Ce parti pris s’inscrit dans la conception même de Fight or Flight. Le réalisateur James Madigan a adapté certaines scènes aux capacités réelles de Hartnett, privilégiant cohérence et intensité à la surenchère spectaculaire. Les combats sont désordonnés, sales, épuisants, à mille lieues des ballets ultra-millimétrés des superproductions Marvel.
Cette approche rappelle le cinéma d’action à l’ancienne, où l’effort se lit sur les visages et dans les corps, où la douleur fait partie du récit. Pour Hartnett, cela impliquait discipline et lâcher-prise : accepter de tomber mal, de respirer difficilement, de montrer un héros qui encaisse autant qu’il frappe. Cette vulnérabilité renforce paradoxalement l’humanité du personnage et donne au film une identité très marquée.
Le retour de Josh Hartnett dans l’action : un virage de carrière assumé
Depuis quelques années, Hartnett multiplie les projets singuliers plutôt que les blockbusters formatés. Fight or Flight amplifie cette stratégie. En acceptant l’exigence physique du rôle, l’acteur affirme ne pas vouloir surfer sur la nostalgie des années 2000, mais se réinventer dans le cinéma contemporain.
Le film agit presque comme un manifeste : un acteur mûr, conscient de ses limites, prêt à les repousser pour servir un projet. Une posture qui tranche avec une industrie parfois obsédée par le contrôle et la sécurité. Dans un paysage saturé d’action numérique et de performances calibrées, cet investissement frontal détonne et pourrait bien faire de Fight or Flight un film plus marquant qu’il n’y paraît sur le papier.
Fight or Flight
- 3 avril 2025 (1h42)
- De James Madigan
- Avec Josh Hartnett, Charithra Chandran, Katee Sackhoff, Marko Zaror, 陳鈺藝, Julian Kostov, Hughie O'Donnell, Rebecka Johnston, Nóra Trokán, Sarah Lam














