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Vous pouvez déduire 700€ de vos impôts grâce au télétravail

Saviez-vous que vous pouvez déduire 700€ de vos impôts au titre du télétravail ? Et non cela n’a rien d’une prime déguisée ni d’une astuce réservée aux connaisseurs. Ce dispositif fiscal parfaitement codifié permet de réduire l’assiette imposable, et non l’impôt lui-même, une distinction fondamentale qui détermine le gain effectif. Concrètement, ces 700 € diminuent la base sur laquelle l’impôt se calcule, générant une économie comprise entre 75 € et plus de 300 € selon la tranche marginale d’imposition.

Pour en bénéficier, le contribuable doit abandonner l’abattement forfaitaire automatique de 10 % et opter pour la déduction des frais réels. Ce choix s’appuie sur l’article 83 du Code général des impôts, qui autorise la déduction des dépenses professionnelles assumées par le salarié. Le télétravail, lorsqu’il engendre des coûts non remboursés par l’employeur, entre naturellement dans ce cadre. L’administration fiscale l’a confirmé à plusieurs reprises dans sa doctrine officielle. L’essentiel réside dans la cohérence : le fisc ne sanctionne pas un montant en soi, mais l’absence de logique ou de justification.

Comment atteindre 700€ d’économies d’impôts grâce au télétravail ?

L’approche validée par l’administration repose sur une répartition proportionnée des charges du domicile. Il ne s’agit nullement de déduire l’intégralité du logement, mais uniquement la fraction utilisée à des fins professionnelles pendant les jours de télétravail effectifs.
Deux paramètres entrent en ligne de compte :

  • la surface occupée
  • et la fréquence du télétravail

Prenons un exemple représentatif : un salarié occupe un logement de 70 m² et consacre 10 m² à son espace de travail. Il télétravaille deux jours par semaine, soit environ 40 % de son temps de travail. La quote-part professionnelle représente alors approximativement 5 à 6 % des charges concernées. Avec un loyer annuel de 12 000 €, la part déductible avoisine déjà 680 €. En y ajoutant une fraction raisonnable de l’abonnement internet, de l’électricité ou du chauffage, le total franchit aisément le seuil des 700 €.

Cette méthode est jugée acceptable par l’administration, sous réserve de conserver les justificatifs et de pouvoir expliquer le raisonnement. L’erreur classique consiste à surévaluer la surface ou à inclure des dépenses manifestement personnelles. À l’inverse, un calcul mesuré et documenté résiste généralement sans difficulté à un éventuel contrôle.

Attention quelques précautions sont indispensables

La principale vigilance concerne les remboursements versés par l’employeur. Lorsqu’une allocation de télétravail est accordée et exonérée d’impôt, elle est présumée couvrir une partie des frais engagés. Ces sommes ne peuvent donc faire l’objet d’une double déduction. L’administration est catégorique : les frais réels correspondent exclusivement aux dépenses effectivement supportées par le salarié. Il convient donc de soustraire toute indemnité perçue du montant déclaré.

Autre point d’attention : l’option pour les frais réels doit présenter un avantage global. Si l’ensemble des frais professionnels, télétravail inclus, n’excède pas l’abattement de 10%, l’opération perd tout intérêt. Enfin, les justificatifs ne sont pas à joindre à la déclaration, mais doivent être conservés pendant plusieurs années.

En cas de demande, l’administration attend un raisonnement structuré, non une accumulation de pièces. Lorsqu’elle est rigoureusement préparée, la déduction de 700€ s’inscrit dans l’utilisation normale du droit fiscal, loin de toute ambiguïté.

Ingénieur ENSAM Paristech et diplômé du MBA de l'ESSEC, Fabien est journaliste Tech & Pop Culture mais aussi Consultant IA et Marketing.