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Streets of Nice : le gérant du Micromania de Nice devient le héros d'un jeu vidéo gratuit

Streets of Nice : le gérant du Micromania de Nice devient le héros d’un jeu vidéo gratuit

Et si la scène la plus partagée des violences du 17 octobre à Nice devenait un jeu d’arcade ? C’est chose faite avec Streets of Nice, un beat ’em up gratuit, jouable dans le navigateur, où un responsable de magasin de jeux vidéo tient la porte face aux pillards. Son héros est fictif, mais l’inspiration est assumée.

Streets of Nice, un beat ’em up gratuit dans le navigateur

Streets of Nice se présente comme un jeu d’arcade en 3D, gratuit, jouable seul, sans compte ni publicité. Il tourne dans n’importe quel navigateur, sur mobile comme sur ordinateur, au clavier, au tactile ou à la manette (neuf langues sont proposées, dont le français). D’après son dossier de presse, il est sorti sur le web le 20 octobre 2026, alors que la page itch.io du jeu affiche des fichiers mis en ligne le 23 octobre.

Derrière le projet, une équipe présentée comme indépendante, sans studio ni éditeur, qui porte le nom du jeu. Elle explique avoir voulu en faire un jeu après avoir vu la vidéo, qui lui rappelait le premier niveau d’un beat ’em up des années 90.

La vidéo du 17 octobre qui a tout déclenché

Le samedi 17 octobre, un rassemblement non déclaré a réuni jusqu’à 3 800 personnes à Nice. Parti de la place Masséna dans une ambiance bon enfant, il a ensuite été perturbé par des groupes masqués vêtus de noir, selon le bilan de la préfecture. Une douzaine de commerces de l’avenue Jean-Médecin ont été dégradés ou pillés (JD Sports, Decathlon et Micromania figurent parmi eux) et une quarantaine de personnes ont été interpellées.

C’est dans ce contexte qu’est née l’image. Selon 20 Minutes, le responsable du Micromania se tenait près d’une affiche géante de Goku et retenait des pillards sans agressivité, quand un individu lui a porté un coup de pied sauté dans le dos. Il s’est relevé, soutenu par d’autres manifestants présents. Des montages retouchés par IA l’ont ensuite présenté comme un héros.

L’intéressé, prénommé Pierre, ne veut pas de ce statut. À Nice-Matin, cité par 20 Minutes, il a déclaré : « Je ne veux pas être la figure de proue d’un mouvement, je n’ai rien fait de spécial, j’étais juste là. » Il souligne aussi que les pillards étaient une minorité, d’après Dexerto, qui reprend ses propos recueillis par ICI.

Le 22 octobre, la police de Nice a lancé un appel à témoins pour retrouver l’auteur du coup de pied, dont le visage, en partie masqué par une cagoule, apparaît sur des captures d’écran de vidéo.

Ce qu’on y fait : tenir la porte, tout lancer, devenir SUPER MANAGER

Le principe est simple : une boutique, un responsable, des manches successives contre des pillards. Si le stock du magasin tombe à zéro, c’est perdu. Entre-temps, le joueur enchaîne combos, coups de pied, saisies, projections et esquives, avec un compteur de combos et une note à la fin de chaque manche.

Streets of Nice : le gérant du Micromania de Nice devient le héros d’un jeu vidéo gratuit

Le dossier de presse détaille le reste :

  • 24 objets lançables : 15 pris sur les étagères et 9 dans la rue (PS5, manettes, chaises de bureau, cônes, scooter)
  • Un coup de pied dans le dos déclenche une scène cinématique, puis le personnage revient en SUPER MANAGER, cheveux dorés
  • Cinq invocations, dont l’une apparaît au hasard à chaque partie : commerçants de l’avenue, camion de pompiers, héroïne magique, entre autres
  • Un boss en fin d’avenue, THE BATTERING RAM (le bélier), qui arrache un rideau de fer
  • Un niveau bonus avec une camionnette de fuite devant la boutique
  • Une musique pour la puce sonore Yamaha YM2612 de la Mega Drive, présentée comme un hommage à Yuzo Koshiro et à Streets of Rage

Streets of Nice : le gérant du Micromania de Nice devient le héros d’un jeu vidéo gratuit #2

Un détail change la donne : frapper un passant fait perdre des points, et le responsable s’excuse. Les ennemis sont des pillards, précise le jeu, pas des manifestants, ces derniers étant présents dans la rue avec leurs pancartes.

Un héros fictif, et aucune cagnotte

L’équipe répète que son héros est un archétype, pas l’homme de la vidéo, et que le magasin MEGAZONE est inventé. Elle assure aussi qu’il n’existe ni cagnotte ni lien de don lié au jeu. Le point est sensible : après la diffusion des images, plusieurs cagnottes ont été ouvertes au nom de Pierre.

Selon l’IBTimes, qui s’appuie sur franceinfo, Pierre a écrit sur Instagram que personne ne l’avait contacté et que ces collectes n’étaient pas de son fait. L’une d’elles, baptisée « Solidarité Gaming », affirmait que les fonds iraient directement à lui, alors que rien n’indiquait qu’il l’avait validée. Plusieurs milliers d’euros avaient déjà été récoltés au moment des articles, sans garantie qu’ils lui soient reversés.

Un jeu fait en quelques jours, avec des outils d’IA

L’équipe affirme avoir conçu Streets of Nice « en quelques jours » et revendique le concept, le design, la direction artistique, le rythme, les coups, les répliques et les panneaux. Elle reconnaît avoir utilisé des agents de code et des outils génératifs pour les images, les modèles 3D et les voix, qu’elle compare à un moteur de jeu ou à un logiciel de dessin. Ces déclarations figurent uniquement dans son dossier de presse : à ce jour, nous n’avons pas trouvé de test indépendant du jeu.

Où y jouer, et comment le diffuser ?

Le jeu se lance directement depuis sa page itch.io ou depuis son site officiel, sans rien installer. Côté contenu, le dossier de presse autorise l’usage libre du logo et du visuel principal pour les articles et vidéos sur le jeu, avec crédit à streetsofnice.com, et les streamers peuvent diffuser et monétiser sans demander, l’option STREAMER MODE coupant la musique pour éviter tout souci de droits.

Rédacteur spécialisé sur les thématiques des NTIC et de la Pop Culture.
Mes opinions n’engagent que moi.