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Project AVA : Razer présente un compagnon hologramme IA

Razer vient de balancer une bombe au CES 2026. Project AVA n’est pas un énième concept fumeux destiné à agrémenter un stand. Non, cette IA holographique est déjà en précommande, et son ambition ne laisse aucune place au doute : planter une intelligence artificielle incarnée en plein cœur de votre bureau. Un pari aussi spectaculaire que vertigineux, qui fait basculer dans le réel ce que la science-fiction nous promet depuis des décennies.

  • Razer présente AVA, un hologramme IA en précommande, conçu pour être toujours présent sur votre bureau.
  • AVA facilite la gestion quotidienne, professionnelle et ludique, grâce à une intelligence artificielle alimentée par grok d’Elon Musk.
  • Ce projet soulève des enjeux éthiques liés à la dépendance et à la relation avec une IA omniprésente et peu filtrée.

AVA : Un hologramme qui trône sur votre bureau (pour de vrai)

Oubliez les prototypes poussiéreux. AVA se matérialise sous la forme d’un cylindre lumineux — pensez à une canette futuriste posée entre votre clavier et votre mug, intégrant un écran holographique 3D de 5,5 pouces. À l’intérieur, une IA qui prend vie via des avatars animés, masculins ou féminins, dotés d’une vraie personnalité.

Razer assume totalement : AVA est conçue pour tourner 24/7, apprendre vos habitudes et devenir ce compagnon numérique dont vous ignoriez encore avoir besoin. Microphones, caméra embarquée… l’appareil ne se contente pas d’écouter vos commandes : il voit votre écran, scrute votre environnement, capte le contexte. Un saut quantique par rapport aux assistants vocaux traditionnels.

Le lancement est programmé entre juillet et décembre, et les précommandes ont déjà démarré aux États-Unis. Visiblement, Razer ne plaisante pas avec la viabilité commerciale du truc.

Une IA qui colle à votre quotidien, du réveil au coucher

Razer structure sa promesse autour de trois axes censés couvrir l’intégralité de vos journées. Côté perso, AVA gère votre agenda, vous suggère quoi porter selon la météo, balance des idées de repas ou vous accompagne dans vos routines bien-être. L’idée ? Créer un assistant capable de vraiment « évoluer à vos côtés », en digérant vos préférences et vos rythmes de vie.

Au boulot, l’IA se positionne en copilote permanent : brainstorming créatif, aide à la rédaction, analyse de données ou traduction multilingue. Razer vend ici l’expérience d’un collaborateur virtuel toujours dispo, qui intervient sans friction, simplement parce qu’il est là, posé sur votre bureau.

Et évidemment, le gaming reste au cœur du réacteur. AVA peut jouer les coach en temps réel, balancer des rappels tactiques, expliquer le lore obscur d’un jeu, afficher vos stats ou vous motiver pendant une session tendue. Une extension logique pour Razer, mais qui brouille encore un peu plus la frontière entre outil et compagnon numérique.

Grok sous le capot : un choix qui ne passe pas inaperçu

Pour faire vivre son hologramme, Razer a misé sur Grok, le modèle IA développé par Elon Musk via xAI. Un choix technologique qui fait grincer des dents. Grok, c’est l’IA aux filtres plus lâches, au ton parfois provocateur, moins bridée que les modèles grand public habituels.

Razer résume son ambition sans détour :

AVA simplifie votre quotidien en organisant votre emploi du temps, en vous assistant dans vos tâches professionnelles et en vous menant à la victoire en tant que coéquipière de jeu enthousiaste.

Autre phrase martelée dans la com officielle :

Un compagnon IA disponible 24/7 pour évoluer à vos côtés.

Deux citations qui cristallisent à la fois la fascination… et un peu d’inquiétude.

Fascinant, oui. Flippant, aussi…

Vos premières impressions sur cet assistant holographique IA

Parce que derrière la démo technologique, les signaux d’alerte clignotent déjà. Marier une IA peu filtrée avec un avatar anthropomorphique personnalisable et omniprésent, ça ouvre la porte à des dérives bien identifiées : dépendance affective, confusion entre relation humaine et interaction logicielle, comportements inappropriés…

L’historique de Razer n’aide pas franchement à rassurer. Le masque Zephyr, autrefois présenté comme révolutionnaire, reste encore gravé dans les mémoires comme un exemple où le marketing a dévoré la réalité fonctionnelle. Project AVA ressemble donc à un pari osé, quelque part entre innovation sincère et expérimentation sociale à ciel ouvert.

Le symptôme d’un basculement profond

Au-delà du cas Razer, AVA incarne une tendance de fond. Les géants de la tech ne veulent plus seulement rendre les IA utiles ou performantes. Ils veulent les rendre présentes, visibles, presque émotionnelles. Le passage d’un assistant invisible à une entité incarnée marque un virage radical dans la relation homme-machine.

Avec AVA, Razer ne vend pas qu’un gadget. Il propose une cohabitation numérique assumée et permanente. Une perspective aussi fascinante qu’inquiétante, qui soulève une question centrale : sommes-nous vraiment prêts à partager notre quotidien avec une IA qui nous observe, nous écoute, nous répond… et nous regarde droit dans les yeux ?

Ingénieur ENSAM Paristech et diplômé du MBA de l'ESSEC, Fabien est journaliste Tech & Pop Culture mais aussi Consultant IA et Marketing.