Une vidéo faite par une IA, qui raconte des gens qui demandent à une IA quoi faire, commentée dans un article écrit avec une IA. Autant poser la question tout de suite : ça ne vous gêne pas ? On y répond à la fin.
Que raconte « Demande à l’IA! » ?
Le 19 octobre 2026, le créateur français Extraltodeus a publié sur sa chaîne YouTube " target="_blank">« ClaudiaGI – Demande à l’IA! », un clip de 4 minutes et 7 secondes. Il l’a aussi partagé sur X avec un texte en anglais, où le post affichait plus de 88 000 vues.
Le principe : la chanteuse ClaudiaGI traverse des scènes ordinaires où quelqu’un laisse un assistant décider à sa place de ce qu’il doit faire, dire ou comprendre. D’après la fiche du site Latent Matinee, qui recense des films faits avec l’IA, un conseil remplace le simple fait de remarquer qu’il pleut, une consigne de navigation suivie au pied de la lettre mène quelque part de dangereux, et un rendez-vous mené avec des phrases générées laisse les deux personnes sans grand-chose à se dire.
Qui est ClaudiaGI, et que veut dire « slopcore » ?
ClaudiaGI n’existe pas. C’est un personnage de synthèse, pas une chanteuse en chair et en os, comme le précise Mac4Ever. Derrière elle, Extraltodeus, spécialisé dans les clips et les personnages synthétiques.
Ce genre de clip porte un nom depuis la fin septembre sur X : le « slopcore ». Le mot vient de « slop », cette bouillie de contenus générés qui envahit les réseaux. La différence, selon Mac4Ever, c’est que le slopcore ne cache rien : les clips sont faits par l’IA, parlent d’IA et le disent dès le titre.
Le morceau précédent, « C’est de l’IA », a lancé la série début octobre. Une chanteuse virtuelle y essaie de prouver qu’elle est humaine, et plus elle se défend, plus on la soupçonne. Il a reçu un emoji flamme d’Elon Musk, et le post d’origine sur X dépassait 229 000 vues. « Demande à l’IA » est sorti dans la foulée.
Comment ces clips sont-ils fabriqués ?
Ce que le créateur a détaillé pour « C’est de l’IA »
Pour ce premier titre, Mac4Ever rapporte la recette donnée par Extraltodeus : les paroles et le personnage viennent de Claude Opus 5.5, qui a aussi coordonné le projet, la musique vient de Suno, et les images passent par Krea2, Qwen2.1, MinimaxH3 et ComfyUI. Selon la fiche de Latent Matinee, une seule personne est intervenue, et aucune image de personne réelle n’a servi.
Ce qu’on ignore pour « Demande à l’IA! »
Pour celui qui nous occupe, la description d’origine indique que les médias sont faits par IA, sans liste de modèles, sans crédit séparé pour la musique ou les paroles, et sans équipe détaillée. Impossible, donc, de recopier la recette du premier clip : rien ne dit que c’est la même.
Notre propre mise en abyme : cet article aussi est fait avec une IA
Voilà la réponse promise. Cet article a été écrit avec Claude, l’assistant d’Anthropic, sous la direction de l’auteur du site. Claude a cherché les sources, croisé ce qu’elles disent et rédigé le texte. Et il se trouve que, d’après Mac4Ever, Claude a aussi écrit les paroles de « C’est de l’IA ». Une IA qui commente un clip qu’une IA a aidé à écrire, sur un thème qui interroge ce qu’on laisse faire aux IA : on a connu plus simple.
Les limites, maintenant. Nous nous appuyons sur les descriptions et les articles cités ci-dessus. Les scènes racontées plus haut viennent de la fiche de Latent Matinee, pas d’une critique image par image. Et nous n’avons pas la liste d’outils de ce clip précis.
Où est vraiment le problème : utiliser l’IA ou ne plus vérifier ?
Le clip ne se moque pas de l’outil. Il se moque de celui qui cesse de regarder la pluie, la route ou la personne en face parce qu’une réponse est arrivée toute prête. La question utile n’est donc pas « une IA a-t-elle écrit ça ? », mais « quelqu’un a-t-il vérifié ? ».
Ici, chaque fait renvoie à une source que vous pouvez ouvrir, et ce qu’on n’a pas pu confirmer est dit. Si vous repérez une erreur, c’est à nous de la corriger. La vidéo vous demande de « demander à l’IA ». On l’a fait, puis on a vérifié.
