Sur X, le créateur PJ Ace a publié une fausse bande annonce faite avec l’IA pour un film Zelda. Le résultat n’est pas parfait, mais il n’a couté que 300 dollars et a été réalisé en 5 jours.
Une bande annonce de Zelda faite avec l’IA qui impressionne mais révèle aussi les limites des outils actuels
À première vue, le fil de PJ Ace pourrait passer pour une simple autopromotion, mais il met le doigt sur un malentendu persistant autour de l’IA créative. Beaucoup imaginent encore qu’il suffit de formuler une idée vague pour obtenir instantanément une vidéo spectaculaire. L’expérience partagée par PJ Ace montre exactement l’inverse. L’IA ne crée pas à la place du créateur, elle amplifie ce qui a déjà été pensé en amont. Sans intention claire, elle produit surtout des images incohérentes, certes jolies, mais inutilisables dans un récit.
Cette approche met aussi en lumière un point souvent sous-estimé : la création vidéo par IA reste profondément dépendante d’une culture visuelle préalable. Lorsque PJ Ace évoque son attachement aux jeux The Legend of Zelda, ce n’est pas un détail nostalgique. Cet héritage se ressent dans le choix des cadrages, dans le goût pour les plans larges, dans l’attention portée à l’atmosphère plutôt qu’à l’action brute. L’IA ne fait ici que recycler et recomposer des codes que le créateur maîtrise déjà.
Autre enseignement clé : l’importance des ressources intermédiaires. En recommandant Freepik, PJ Ace rappelle que les banques d’images ne servent pas uniquement à produire des visuels finaux. Elles deviennent des briques de référence, des supports stylistiques qui aident à contraindre l’IA, à la guider dans une direction précise. Cette logique va à contre-courant de l’idée d’une IA toute-puissante et autonome, et replace le créateur au centre du processus.
Enfin, le fil souligne une mutation plus large du paysage créatif. Ceux qui émergent aujourd’hui ne sont pas seulement ceux qui montrent des résultats impressionnants, mais ceux qui documentent leur méthode. Dans un écosystème saturé de contenus générés, la pédagogie devient un marqueur de crédibilité, presque une nouvelle forme d’expertise.
Tutoriel : les étapes concrètes d’une vidéo IA maîtrisée
La méthode décrite par PJ Ace peut être découpée en plusieurs étapes distinctes, qui permettent de comprendre comment passer d’une idée à une vidéo cohérente. Cette décomposition a le mérite de démystifier un processus souvent perçu comme opaque.
Etape 1 : définir l’intention visuelle
La première étape consiste à définir une intention visuelle précise. Avant tout outil, il s’agit de répondre à des questions simples mais structurantes.
Quelle ambiance doit se dégager de la vidéo ? Quel rythme est recherché ? Quelle émotion doit dominer ? Cette phase est purement créative et ne dépend pas de l’IA. Elle conditionne pourtant tout le reste, car elle sert de boussole à chaque décision ultérieure.
Etape 2 : construire la base graphique de référence
Vient ensuite la constitution d’une base graphique de référence. À ce stade, des plateformes comme Freepik sont utilisées pour collecter des images, des textures ou des styles visuels cohérents avec l’intention définie.
Ces éléments ne sont pas toujours intégrés tels quels dans la vidéo finale. Ils servent souvent de références implicites, permettant d’orienter les générations et d’éviter les variations stylistiques incontrôlées.
Etape 3 l’écriture des prompts
La troisième étape, centrale, est celle de l’écriture des prompts. Contrairement à l’idée d’un prompt unique et magique, PJ Ace décrit un travail itératif. Chaque prompt est testé, analysé, puis modifié. Les formulations incluent des détails sur la lumière, le cadrage, la profondeur de champ ou encore le mouvement suggéré.
Ce niveau de précision permet de réduire l’aléatoire et d’obtenir des séquences réellement exploitables. Les prompts finaux sont d’ailleurs partagés tels quels dans sa newsletter, sans simplification.
Etape 4 : le montage
Une fois les séquences générées, commence une phase souvent oubliée dans les discours sur l’IA : le montage. C’est ici que la vidéo prend sens. Le choix des plans, leur durée, leur enchaînement construisent une narration implicite. Même avec des images spectaculaires, un mauvais montage peut ruiner l’ensemble. À l’inverse, des séquences imparfaites peuvent gagner en force si elles sont bien rythmées.
Etape 5 : homogénéiser le rendu
La dernière étape consiste à homogénéiser le rendu final. Ajustements de couleurs, transitions, corrections mineures permettent de donner une cohérence visuelle à l’ensemble. Là encore, l’IA intervient comme un outil d’assistance, mais les décisions finales restent humaines, guidées par l’œil et l’expérience.
À travers cette approche à la fois analytique et pratique, PJ Ace rappelle une vérité essentielle. La vidéo générée par IA n’est pas une rupture totale avec les pratiques existantes, mais une extension de savoir-faire déjà bien établis.
Ceux qui prennent le temps de structurer leur méthode, de documenter leurs choix et de comprendre les limites des outils sont aussi ceux qui parviennent à produire des contenus réellement marquants.
The Legend Of Zelda
- 2027
- De Wes Ball
- Avec Charles Martinet




















