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Apollo 2 : Ce robot piloté par Google dévisse une ampoule 9 fois sur 10

Apollo 2 : Ce robot piloté par Google dévisse une ampoule 9 fois sur 10

Le robot humanoïde Apollo 2 marche, s’accroupit et range un arrosoir sur une étagère, piloté de bout en bout par Gemini Robotics 2, la nouvelle IA de Google DeepMind. Le même robot dévisse une ampoule 9 fois sur 10, mais échoue encore près de deux fois sur trois à la revisser.

Une consigne en langage courant, « mets l’arrosoir dans le bac vert de l’étagère du bas », et le robot se débrouille. Il marche jusqu’à la table, saisit l’arrosoir, fait quelques pas et le dépose à sa place. C’est la démonstration qu’a choisie Google DeepMind pour présenter Gemini Robotics 2, le 30 juillet 2026. Le robot s’appelle Apollo 2 et il est fabriqué par Apptronik, une start-up d’Austin, au Texas.

Jusqu’ici, les modèles de Google ne pilotaient que le haut du corps d’un humanoïde, pour des tâches posées sur une table. Gemini Robotics 2 contrôle désormais le robot entier, des pieds jusqu’au bout des doigts : il marche, s’accroupit et se penche sans perdre l’équilibre.

Gemini Robotics 2 réunit trois modèles pour faire marcher et réfléchir les robots

Derrière le nom se cachent en réalité trois modèles. Le premier, qui donne son nom à l’ensemble, transforme ce que voit le robot et ce qu’on lui dit en commandes pour ses moteurs. Le deuxième, Gemini Robotics ER 2, joue le rôle de cerveau : il discute avec l’humain, observe la pièce, découpe une consigne en étapes et suit la tâche pendant plusieurs minutes, quitte à faire travailler plusieurs robots ensemble.
Apollo 2 : Ce robot piloté par Google dévisse une ampoule 9 fois sur 10
Le troisième, Gemini Robotics On-Device 2, tourne directement sur la machine, sans connexion à Internet. D’après DeepMind, il s’adapte à un nouveau robot à deux bras en quelques heures, généralement avec moins de 200 exemples.

Carolina Parada, vice-présidente chargée de la robotique chez Google DeepMind, a résumé l’idée lors d’un briefing presse rapporté par Bloomberg. L’objectif est d’amener l’IA dans le monde physique, puis de construire une couche d’intelligence « utilisable par chaque robot ». Autrement dit, Google veut fournir le cerveau des robots, quel que soit leur fabricant.

Le robot Apollo 2 dévisse 92 % des ampoules, mais n’en revisse que 36 %

La vidéo est soignée, pourtant les chiffres les plus parlants sont ailleurs : dans les graphiques que DeepMind publie lui-même. Avec la main SharpaWave, cinq doigts et 22 degrés de liberté, Apollo 2 réussit à dévisser une ampoule dans 92 % des essais. Pour la revisser, le taux tombe à 36 %.

Le reste du tableau est du même ordre. Nouer un sac-poubelle plafonne à 44 %, fermer un sac zip à 40 % et manier une pelle à poussière à 32 %.

Source : Google DeepMind

Les gestes du corps entier s’en sortent mieux. Équipé de mains Inspire, Apollo 2 attrape un objet sur une étagère dans 76,3 % des cas et sur une table dans 68,4 % des cas. Au sol, en revanche, il ne réussit que 45,7 % du temps. Le même modèle, avec exactement les mêmes paramètres, pilote aussi un robot Franka Duo à pinces, qui monte à 89,6 % sur des insertions de précision.

DeepMind ne cache pas ces limites. Son billet reconnaît que la manipulation à plusieurs doigts « reste difficile » et que ses robots doivent encore gagner en vitesse. Kanishka Rao, directeur de la robotique chez Google DeepMind, a d’ailleurs expliqué à Bloomberg que les mouvements restent lents, parce que la machine doit s’arrêter pour réfléchir là où un humain agit d’instinct. Ces chiffres sont publiés par DeepMind lui-même, pas mesurés par un tiers.

Apptronik a conçu Apollo 2 pour collecter des données d’entraînement

Pour Apptronik, la vitrine tombe à pic. La société a dévoilé Apollo 2 le 30 juin 2026, un mois avant l’annonce de Google, en version bipède et sur base à roues. Elle a ouvert au même moment Robot Park, un site d’environ 90 000 pieds carrés (un peu plus de 8 000 m²) à Austin, où ses robots enchaînent les tâches pour collecter des données d’entraînement qui nourrissent les modèles Gemini Robotics.

Google n’est pas qu’un partenaire technique, puisqu’il a participé en février 2026 à une levée de 520 millions de dollars. Ce tour a porté la série A d’Apptronik au-delà de 935 millions de dollars, avec Mercedes-Benz et B Capital, pour une valorisation d’environ 5 milliards de dollars.

Apptronik n’est pas le seul partenaire cité pour autant : DeepMind remercie aussi Boston Dynamics et Agile Robots dans son annonce.

Gemini Robotics 2 reste réservé aux partenaires et ajoute un test de sécurité

Pour l’instant, Gemini Robotics 2 n’est pas à la portée de tout le monde. Si vous êtes développeur, seul Gemini Robotics ER 2, le modèle de raisonnement, vous est ouvert via Google AI Studio et, depuis le 27 octobre 2026, en préversion publique sur Google Cloud. Les modèles qui commandent directement les moteurs restent réservés à des partenaires en accès anticipé.

Côté sécurité, DeepMind introduit ASIMOV-Agentic, un nouveau test qui mesure notamment la capacité du modèle à refuser une action dangereuse et à appeler un humain quand il n’est pas sûr de lui. Google présente ER 2 comme son modèle robotique le plus sûr à ce jour : il repère mieux les personnes proches et peut arrêter le robot si quelqu’un s’approche trop.

Un robot qui revisse une ampoule une fois sur trois peut-il tenir un poste en usine ? Les chiffres publiés par Google ne permettent pas encore d’y répondre…

Rédacteur en chef de PIX GEEKS, ingénieur, entrepreneur et consultant, je change de casquette comme de projet. Geek curieux, je navigue entre tech, IA, web et pop culture.