# Starlink : SpaceX bride les drones ukrainiens à 160 km/h, sans prévenir Kiev ![](https://pix-geeks.com/wp-content/uploads/2026/10/starlink-spacex-bride-drones-ukrainiens-160-km-h-prevenir-kiev-160235.jpg) **Date:** 14 octobre 2026 **Source:** [PIX GEEKS](https://pix-geeks.com) **Catégories:** [High-Tech](https://pix-geeks.com/tech/) > [Drones](https://pix-geeks.com/tech/drone/), [High-Tech](https://pix-geeks.com/tech/) > [Telecoms](https://pix-geeks.com/tech/telecoms/) **Étiquettes:** [Politique](https://pix-geeks.com/dossier/politique/) **Marques:** [SpaceX](https://pix-geeks.com/marque/spacex/), [Starlink](https://pix-geeks.com/marque/starlink/) **Entités principales:** Place: [ukrainiens](http://www.wikidata.org/entity/Q44806), [russes](http://www.wikidata.org/entity/Q49542), [ukrainien](http://www.wikidata.org/entity/Q8798), [russe](http://www.wikidata.org/entity/Q7737) | City: [Kiev](http://www.wikidata.org/entity/Q1899) | Organization: [Starlink](http://www.wikidata.org/entity/Q19867977), [SpaceX](http://www.wikidata.org/entity/Q193701) | Country: [Russie](http://www.wikidata.org/entity/Q159) | Product: [Starshield](http://www.wikidata.org/entity/Q115576467) | Corporation: [SpaceX](http://www.wikidata.org/entity/Q193701), [Starlink](http://www.wikidata.org/entity/Q19867977) **Entités secondaires:** Place: [ukrainienne](http://www.wikidata.org/entity/Q112621507) | Organization: [Reuters](http://www.wikidata.org/entity/Q130879) | Person: [Elon Musk](http://www.wikidata.org/entity/Q317521), [Serhiy Sternenko](http://www.wikidata.org/entity/Q47489230), [Ukrainska Pravda](http://www.wikidata.org/entity/Q904463) **Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2026, SpaceX a plafonné à 160 km/h la vitesse de déplacement des terminaux Starshield, la version militaire de Starlink utilisée par l’armée ukrainienne. Kiev n’a reçu aucun avertissement, plusieurs missions de drones ont été interrompues en plein vol, et SpaceX ne donne pour l’instant aucune explication.** C’est Serhiy Beskrestnov qui a officialisé l’affaire. Ce conseiller du président Zelensky pour les technologies militaires, plus connu sous le pseudonyme « Flash », a publié un [message sur Telegram](https://t.me/serhii_flash/7807) le 14 octobre. Il y confirme que SpaceX a introduit « cette nuit » une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement. La restriction porte sur le « paquet militaire » du service Starshield et elle est fixée à **100 miles par heure, soit environ 160 km/h** (au-delà, la connexion décroche). Personne n’était au courant côté ukrainien, et c’est bien ça le problème. « Nos forces de défense n’ont reçu aucun avertissement concernant cette limitation, et cela a conduit à l’échec d’une série de missions », écrit Beskrestnov. Puis vient la phrase qui a fait le tour des rédactions : « Il est évident que cette action ne peut pas être une coïncidence et qu’elle est liée à la situation politique actuelle. » Il ne dit pas ce qu’il entend par là. Plusieurs sources militaires ont ensuite confirmé les faits à [Reuters](https://www.reuters.com/world/europe/spacex-limits-starlink-operations-ukraine-disrupting-military-missions-2026-10-14/)\.Le 7e corps de réaction rapide, déployé dans le sud-est du pays, dit avoir dû annuler des missions. Une source au ministère de la Défense parle de limitations qui « compliquent sérieusement la logistique et certaines opérations de drones ». SpaceX, de son côté, n’a pas répondu aux demandes de l’agence et n’a rien publié depuis. ## Starlink bridé à 160 km/h, mais les drones ukrainiens décrochent dès 110 km/h Pour comprendre pourquoi ce chiffre fait mal, il faut rappeler à quoi sert [Starlink](https://pix-geeks.com/starlink/) en Ukraine. Le réseau d’Elon Musk a été activé dans les premiers jours de l’invasion russe, en 2022. Il est devenu depuis, selon Reuters, « l’élément vital » des communications sur le champ de bataille. Et parce qu’il résiste bien au brouillage, il sert aussi à piloter les drones d’attaque à longue portée et les gros hexacoptères qui ravitaillent les positions du front. Le seuil officiel de 160 km/h n’est pas celui que vivent les opérateurs. Dans sa déclaration à Reuters, le 7e corps décrit des coupures bien plus précoces : « D’après nos observations, pendant les vols, la connexion pouvait se couper pendant 10 à 20 secondes à des vitesses de seulement 110 à 120 km/h. Les drones continuaient d’avancer, mais ces interruptions les rendaient plus difficiles à contrôler. » Et voler moins vite n’arrange rien, car une cible lente est plus facile à abattre. Le volontaire Serhiy Sternenko, dont la fondation fournit des drones FPV à l’armée, va plus loin. Dans un [second message](https://t.me/ssternenko/64835) publié dans la journée du 14 octobre, il relaie des remontées de militaires : les restrictions auraient encore été durcies, avec une connexion qui disparaît **dès 60 à 70 km/h**\.Aucune source officielle n’a confirmé ce chiffre à l’heure où nous écrivons. S’il se vérifiait, une bonne partie des drones tactiques ordinaires seraient touchés, pas seulement les modèles rapides. ### Starlink Mini déjà limité, Starshield jusqu’ici sans plafond Des sources militaires interrogées par [Ukrainska Pravda](https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/10/14/8057920/) apportent un détail qui change la lecture de l’affaire. Le Starlink standard (le modèle Mini, souvent monté sur les drones) était déjà bridé à 160 km/h. C’est justement pour aller plus vite que l’Ukraine utilise Starshield depuis 2024. Le 7e corps le confirme à sa manière : la vitesse de transmission de Starshield n’était jusqu’ici soumise à aucune limite. SpaceX vient donc d’aligner son offre militaire sur son offre grand public, pour un client qui l’avait choisie précisément pour échapper à cette contrainte. Beskrestnov a d’ailleurs tenu à corriger la lecture dominante dans un [deuxième message](https://t.me/serhii_flash/7808)\.Tout le monde parle des missions lointaines et de la logistique du front, dit-il, mais le vrai sujet est ailleurs. Starlink équipe aussi les drones intercepteurs, qu’il décrit comme la solution la plus efficace aujourd’hui contre les Shaheds à réaction lancés par la Russie. « De fait, par leurs actions, les partenaires nous privent de l’une des rares chances de défendre le pays contre les Shaheds à réaction », écrit-il. ## En janvier, Kiev avait réclamé un plafond Starlink contre les drones russes Si vous suivez le dossier Starlink depuis le début de l’année, le mécanisme vous dira quelque chose. Fin janvier 2026, des terminaux Starlink avaient été découverts sur des drones de frappe russes, et un train de passagers avait été attaqué dans la région de Kharkiv le 27 janvier. SpaceX avait alors coupé la connexion des terminaux dépassant environ **75 à 90 km/h**\.Le 2 février, le ministre de la Défense Mykhailo Fedorov annonçait une « liste blanche » : seuls les terminaux enregistrés restaient actifs. Beskrestnov, alors conseiller du ministre, parlait d’une mesure « temporaire » et « d’urgence », mise en place à la demande de Kiev. La différence avec octobre est de taille. En janvier, le plafond visait les drones russes et épargnait les FPV ukrainiens, plus lents. Cette fois, il frappe le service militaire que l’Ukraine utilise justement pour voler vite, et il tombe sans que personne n’ait été prévenu. Le ministère ukrainien de la Défense examine la cause de la restriction, rapporte Radio Svoboda. ## Starlink ne fonctionne pas en Russie : les frappes sur les raffineries ne sont pas touchées Le contexte politique est lourd, et c’est lui qui nourrit les soupçons de Kiev. Le 11 octobre, Donald Trump a décrété un « cessez-le-feu énergétique », après avoir réclamé l’arrêt des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes et conclu un accord allégeant les sanctions sur le diesel russe. Le samedi, Elon Musk avait réagi sur X à une vidéo de la Maison Blanche en écrivant « Zelensky has gone too far » (« Zelensky est allé trop loin »). Sternenko, lui, suppose que SpaceX a agi « à la demande de l’administration Trump », sans apporter de preuve. Et [aucun élément indépendant](https://www.euronews.com/2026/10/14/starlink-terminals-operations-restricted-in-ukraine-overnight-adviser-to-zelenskyy-says) ne relie à ce stade la restriction au bras de fer diplomatique. Il faut aussi remettre la mesure à sa place, parce que tout le monde n’a pas lu la même chose. Starlink ne fonctionne pas sur le territoire russe : les drones ukrainiens qui frappent les raffineries utilisent donc d’autres moyens de communication. La limitation touche les frappes à longue portée dans les territoires ukrainiens occupés du sud et de l’est. C’est là que les drones guidés par Starlink ont, toujours selon Reuters, « fait des ravages » dans la logistique russe. Elle touche aussi le ravitaillement du front et, si l’on suit Beskrestnov, la défense anti-Shahed. Le silence de SpaceX laisse tout ouvert. Le ministre polonais des Affaires étrangères Radosław Sikorski (son pays finance les abonnements Starlink de l’Ukraine) a interpellé Musk sur X : « Hey, @elonmusk, big man, are you playing politics with your products again? As your European customers, we are watching you. » Autrement dit : jouez-vous encore à la politique avec vos produits ? Vos clients européens vous regardent. [Post X](https://x.com/sikorskiradek/status/2110273651023151330) Tant que l’entreprise ne s’explique pas, on ne saura ni ce que la restriction vise, ni si elle est là pour durer. En attendant, l’Ukraine cherche à dépendre un peu moins de SpaceX : la société ukrainienne Stetman développe un système de communication satellitaire national, UASAT-NANO, dont le premier satellite doit être lancé en octobre 2026. --- **Article précédent:** [Perseverance a roulé 45,22 km, plus que n'importe quel engin hors de la Terre](https://pix-geeks.com/perseverance-record/)