# SR-1 Freedom : la NASA veut envoyer un réacteur nucléaire vers Mars en 2028

**Date:** 14 octobre 2026
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**La NASA et le département américain de l’Énergie ont signé un accord de dix ans sur le nucléaire spatial. Il prévoit un vaisseau à fission qui doit quitter la Terre en décembre 2028 pour Mars, puis un réacteur visé pour la Lune en 2030, pendant que la Russie et la Chine évoquent aussi une centrale lunaire.**
Le texte a été signé le 8 octobre à Washington, au Donald J. Trump Institute of Peace, par l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, et par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, lors d’un sommet organisé par le bureau scientifique de la Maison-Blanche (OSTP). Intitulé « Accelerating American Leadership in Space Nuclear Power and Propulsion », ce [mémorandum d’entente](https://www.nasa.gov/news-release/nasa-energy-department-advance-new-era-of-nuclear-powered-exploration/) couvre tout le cycle, de la production de combustible aux opérations en vol, en passant par les essais et l’intégration au lancement.
## Accord NASA-DOE sur le nucléaire spatial : 10 ans et deux textes remplacés
Le mémorandum entre en vigueur le **1er novembre** et reste valable **dix ans**, sauf révision ou prolongation. Il remplace deux accords, un texte de 2016 sur les systèmes à radioisotopes qui expirait fin octobre et un accord sur la fission signé le 22 décembre 2025, [détaille l’American Nuclear Society](https://www.ans.org/news/article-8482/nasa-and-doe-sign-space-nuclear-mou/)\.La NASA met la sécurité au centre du dispositif, mais c’est Jared Isaacman qui résume l’enjeu :
> « We are entering the « Nuclear NASA-era, » which represents a major transformation for space exploration. »
Dans la foulée, l’administrateur promet que le nucléaire permettra d’aller plus loin, de fonctionner plus longtemps et d’embarquer des engins plus capables. Sur X, il résume la signature en annonçant l’ère d’une « Nuclear NASA » et le prochain grand pas vers le système solaire extérieur et l’envoi d’astronautes américains sur Mars.
[Post X](https://x.com/NASAAdmin/status/2108196769205002516)
L’annonce ne chiffre aucun budget, et le texte formalise surtout des programmes déjà connus, SR-1 ayant été dévoilé dès mars.
## SR-1 Freedom : vaisseau à fission vers Mars, plus de 2 milliards de dollars
SR-1 Freedom doit partir en **décembre 2028** et arriver près de Mars environ un an plus tard. La NASA le présente comme le premier vaisseau interplanétaire propulsé par un réacteur à fission. Ce réacteur doit délivrer plus de 20 kW électriques et alimenter des propulseurs électriques, une technique dite nucléo-électrique, mais il ne démarrera qu’une fois le vaisseau sorti de l’attraction terrestre.
Pour tenir le calendrier, l’agence réutilise le module de propulsion (PPE) conçu pour la station lunaire Gateway, finalement abandonnée. Le dernier réacteur américain envoyé dans l’espace, SNAP-10A, date de 1965 et a fonctionné 43 jours.
À bord, une charge utile baptisée Skyfall : trois hélicoptères de classe Ingenuity, équipés de caméras et d’un radar capable de sonder le sol, qui doivent repérer un futur site d’atterrissage et cartographier la glace d’eau souterraine. On ignore pour le moment ce que deviendra le vaisseau une fois les hélicoptères largués.
Le communiqué du 8 octobre maintient tout de même un lancement en 2028, mais le financement pose question. [SpaceNews a rapporté](https://spacenews.com/nasa-working-to-streamline-development-of-nuclear-electric-propulsion-demo-mission/) que SR-1 ne figurait pas dans la demande de budget pour 2027, que son financement passerait par une redistribution de fonds, notamment ceux de Gateway, et que des membres des National Academies doutaient qu’on puisse le développer en deux ans. Depuis, des documents budgétaires consultés par Politico et relayés par Payload chiffrent la mission à **plus de 2 milliards de dollars** d’ici 2029, sans la charge utile Skyfall.
## Réacteur lunaire LR-1 : atterrissage visé en 2030 pour alimenter la Moon Base
SR-1 doit ouvrir la voie à Lunar Reactor-1, le premier système à fission à la surface de la Lune, dont l’atterrissage est visé en **2030**\.Il doit alimenter la Moon Base près du pôle Sud pendant la nuit lunaire, et un décret présidentiel de décembre 2025 demande d’ailleurs à la NASA un réacteur de surface prêt au lancement d’ici 2030.
Sa puissance, elle, reste floue. Sean Duffy, alors administrateur par intérim de la NASA, évoquait 100 kW en août 2025, tandis que le projet d’appel d’offres SPARC (Space Power and Reactor Capabilities), publié le 30 août, décrit un système de 20 kWe, d’après [New Space Economy](https://newspaceeconomy.ca/2026/09/01/what-does-nasas-sparc-lunar-reactor-procurement-reveal-about-lunar-reactor-1/)\.Le communiqué de la NASA ne donne aucun chiffre de puissance.
## Centrale lunaire : la Russie vise 2036, la Chine évoque un réacteur
Moscou n’est pas en reste : Roscosmos a signé en décembre 2025 un [contrat avec NPO Lavochkin](https://interfax.com/newsroom/top-stories/115423/) pour une centrale électrique lunaire d’ici **2036**, avec la société d’État Rosatom et l’institut Kurchatov, et trois missions sont prévues en 2033,2034 et 2035. Reuters notait toutefois que Roscosmos ne précisait pas explicitement que la centrale serait nucléaire.
Côté chinois, l’ingénieur en chef de la mission Chang’e-8, Pei Zhaoyu, a présenté en avril 2025 à Shanghai [une feuille de route qui évoque un réacteur de surface](https://www.presse-citron.net/la-chine-et-la-russie-veulent-installer-une-centrale-nucleaire-sur-la-lune/) pour la station lunaire ILRS. Pékin et Moscou veulent y installer une base au pôle Sud d’ici 2035.
Chez les Américains, le prochain rendez-vous est déjà daté : le mémorandum entre en vigueur le 1er novembre, et SR-1 doit décoller en décembre 2028.
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