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La démission de Kathleen Kennedy marque un tournant pour Star Wars

La page se tourne à Lucasfilm : après près de quatorze ans à la tête du studio, Kathleen Kennedy a officiellement quitté ses fonctions de présidente. Présentée comme préparée de longue date, cette décision intervient pourtant dans un contexte industriel tendu : une absence prolongée de films Star Wars au cinéma, une multiplication de projets avortés et une volonté manifeste de réorganisation au sein de The Walt Disney Company. Loin d’être anecdotique, ce départ redéfinit l’avenir de l’une des licences culturelles les plus puissantes du XXIᵉ siècle.

Une transition officielle au timing révélateur

Sur le papier, la communication est maîtrisée : Kathleen Kennedy, 72 ans, se retire de la présidence pour se recentrer sur son métier historique de productrice, qu’elle continuera d’exercer sur plusieurs projets à venir. Disney insiste sur une transition planifiée, sans crise interne. Une version cohérente avec la carrière de cette productrice emblématique d’Hollywood depuis les années 1980.

Le timing interroge néanmoins. Depuis L’Ascension de Skywalker en 2019, aucun film Star Wars n’est sorti en salles. Sept années sans long métrage pour une franchise achetée 4 milliards de dollars : l’anomalie est manifeste. À ce niveau d’investissement, l’absence de flux cinéma régulier devient problématique, non seulement en termes de revenus directs, mais aussi de rayonnement de marque, de produits dérivés et de valorisation globale.

Un bilan financier solide pour la saga Star Wars mais une trajectoire instable

D’un point de vue strictement économique, le mandat de Kennedy n’est pas un échec. Cinq films Star Wars sont sortis sous sa direction pour un box-office cumulé de 5,9 milliards de dollars dans le monde :

À cela s’ajoutent les séries Disney+. The Mandalorian est devenue un pilier de la plateforme, tandis qu’Andor a été salué par la critique. Sur le plan de la rentabilité globale, Star Wars a largement contribué au succès de Disney+ et à la fidélisation des abonnés.

Mais si les chiffres sont bons, la trajectoire inquiète. Lucasfilm a multiplié les annonces de films sans parvenir à les concrétiser. Des projets portés par des réalisateurs prestigieux ont été successivement annoncés, réécrits, reportés, puis abandonnés. Cette instabilité chronique a fini par fragiliser la crédibilité du studio.

Une crise de gouvernance à la tête de Disney

Contrairement à une idée répandue, ce départ ne traduit pas un rejet idéologique ou artistique. Disney n’a jamais renié publiquement ses choix créatifs des années précédentes. Le problème identifié est d’abord organisationnel.

Lucasfilm fonctionnait sous une gouvernance très centralisée, où Kennedy cumulait arbitrage créatif, supervision industrielle et validation stratégique. Dans un environnement devenu plus complexe, entre cinéma, streaming, séries et produits dérivés, ce modèle a montré ses limites.

La nouvelle organisation repose désormais sur une direction bicéphale : Dave Filoni à la tête de la création, Lynwen Brennan en charge des opérations. Cette séparation vise à sécuriser la cohérence narrative tout en rationalisant la production, un schéma proche de ce que Marvel Studios pratique depuis longtemps.

Quels sont les défis qui attendent Star Wars en 2026 ?

Le premier enjeu est le retour au cinéma. The Mandalorian and Grogu, prévu pour 2026, constitue un test majeur. Avec un budget estimé entre 180 et 200 millions de dollars, les attentes sont élevées. Un succès relancerait durablement la machine. Un échec fragiliserait l’ensemble de la stratégie cinéma.

Vient ensuite la cohérence de l’univers. Dave Filoni est perçu comme un architecte narratif capable de stabiliser une chronologie devenue confuse. Disney mise sur une approche plus structurée, moins dépendante de visions individuelles contradictoires.

Enfin, l’enjeu est symbolique : Kathleen Kennedy incarnait l’ère post-George Lucas. Son départ marque la fin définitive de cette transition et l’entrée dans une phase de normalisation industrielle, où Star Wars n’est plus traité comme un événement exceptionnel, mais comme une franchise à gérer sur le long terme, avec des cycles, des risques et des objectifs clairement définis.

Star Wars : The Mandalorian & Grogu en streaming

Star Wars : The Mandalorian & Grogu

  • 20 mai 2026
  • Titre original The Mandalorian and Grogu
  • Univers
  • De Jon Favreau
  • Avec Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Jeremy Allen White, Steve Blum, Jonny Coyne et Dave Filoni

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