# La banque centrale néerlandaise choisit le cloud européen de Lidl

**Date:** 28 mai 2026
**Source:** [PIX GEEKS](https://pix-geeks.com)
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**De Nederlandsche Bank, la banque centrale des Pays-Bas, a choisi STACKIT, une infrastructure cloud développée par Schwarz Digits, branche technologique du groupe Schwarz, pour héberger une partie de ses systèmes. Derrière ce choix discret se lisent des arbitrages qui dépassent largement la technique.**
## Le CLOUD Act, déclencheur discret d’un choix stratégique
Pour comprendre la décision de [De Nederlandsche Bank](https://www.dnb.nl/), il faut partir d’un texte de loi américain adopté en 2018 : le [CLOUD Act](https://www.congress.gov/bill/115th-congress/house-bill/4943)\.Ce texte autorise les autorités américaines à exiger des entreprises technologiques établies aux États-Unis l’accès à des données stockées en dehors du territoire américain, y compris sur des serveurs européens.
Pour Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, cette contrainte est structurelle. Elle ne dépend pas de leurs engagements contractuels envers leurs clients européens, mais de leur statut juridique d’entreprises soumises au droit américain. Pour une banque centrale, dont la mission touche à la stabilité financière et à la confidentialité des données systémiques, cette exposition n’est pas acceptable.
## Schwarz Digits et STACKIT : un acteur industriel qui a suivi le chemin d’Amazon
Dans la couverture médiatique, on parle souvent du « cloud de Lidl ». Le raccourci est parlant mais inexact. C’est [Schwarz Digits](https://schwarz-digits.de/), branche technologique du groupe Schwarz, qui développe et commercialise [STACKIT](https://stackit.com/)\.Lidl est la vitrine grand public du groupe, pas le fournisseur cloud.
La trajectoire de Schwarz Digits rappelle celle d’Amazon Web Services. AWS est né des besoins internes d’Amazon avant d’être ouvert au marché. Le groupe Schwarz a suivi une logique similaire : consolider ses propres infrastructures, les industrialiser, puis en faire une offre commerciale. Ce modèle a l’avantage de reposer sur une expérience opérationnelle réelle plutôt que sur une architecture conçue uniquement pour la revente.
## Pourquoi AWS, Azure et Google Cloud ne convenaient plus
Les trois hyperscalers américains conservent une avance considérable sur quasiment tous les plans : richesse fonctionnelle, capacité de calcul, outils d’intelligence artificielle, écosystème de partenaires.
Mais dans les secteurs sensibles, finance, défense, administration publique, la question du contrôle des données devient un critère d’exclusion avant d’être un critère de comparaison. Peu importe qu’AWS propose des fonctionnalités que STACKIT n’a pas encore : si les conditions d’accès aux données ne sont pas acceptables, le reste du comparatif ne s’applique pas.
Les grands fournisseurs américains [développent des offres spécifiques pour les marchés européens sensibles](https://pix-geeks.com/amazon-cloud-europe-rgpd/), mais tant qu’ils restent soumis au CLOUD Act, ces adaptations ne règlent pas le problème de fond.
## Un mouvement qui dépasse les Pays-Bas

La décision de De Nederlandsche Bank n’est pas isolée. En Allemagne, la région de Schleswig-Holstein a engagé une migration vers des solutions open source et européennes pour réduire sa dépendance aux logiciels Microsoft. Les résultats sont contrastés et la transition plus longue que prévu, mais la direction est maintenue.
Plus largement, les régulateurs européens alertent depuis plusieurs années sur la concentration des infrastructures numériques critiques entre les mains d’acteurs non européens. Dans le secteur financier, le risque est double : dépendance opérationnelle en cas de panne ou de conflit géopolitique, et exposition juridique via des législations extraterritoriales.
## STACKIT peut-il tenir la comparaison sur la durée ?
La décision de De Nederlandsche Bank repose aussi sur un pari, celui que STACKIT atteindra un niveau de maturité suffisant pour accompagner les besoins d’une institution aussi exigeante. Aujourd’hui, l’offre reste en retrait sur certains services avancés, notamment en intelligence artificielle et en analyse de données en temps réel, où les hyperscalers américains ont plusieurs années d’avance.
Cet écart n’est pas rédhibitoire si les cas d’usage prioritaires sont couverts. Une banque centrale n’a pas les mêmes besoins qu’une startup technologique. La fiabilité, la conformité et la confidentialité priment sur l’accès aux derniers outils d’IA générative.
Le vrai test sera dans la durée : plus des institutions de ce calibre adopteront des solutions européennes, plus celles-ci gagneront en légitimité et en ressources pour se développer. Le choix de De Nederlandsche Bank contribue donc à enclencher cette dynamique, mais l’Europe reste dans une phase de rattrapage, et rien ne garantit que l’écart se réduise à un rythme suffisant.
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