Samedi 19 Août 2017

Le Rite : un film à la hauteur d’Anthony Hopkins

Tiré de faits réels, d’après le roman de Matt Baglio The Rite: The Making of a Modern Exorcist (en français Le Rite: La formation d’un exorciste au Vatican) et sorti le 9 mars 2011, le Rite fait l’évènement. Une bande-annonce qui met l’eau à la bouche, mais surtout, un acteur, THE ACTEUR, qu’on attendait tous : Anthony Hopkins.

On s’en souvient tous pour son rôle d’Hannibal Lecter, le cannibal gentleman du Silence des Agneaux, qui donnait la réplique à une Jodie Foster à la fois troublée et intriguée. Anthony Hopkins, c’est l’acteur à qui on refourgue souvent le rôle du psychopathe qu’il assume toujours avec talent et qui lui permet aujourd’hui d’accéder à une notoriété sans précédent et d’endosser une fois de plus un rôle à la personnalité complexe et un peu tordue.

Le rite

Un aspirant prêtre américain, Michael Kovak, en perte de foi en Dieu fait un stage en Italie pour suivre une formation en Exorcisme à l’Athénée Pontifical Regina Apostolorum (d’ailleurs si jamais vous êtes intéressés, les cours existent vraiment, vous pouvez aller sur le site internet ici !) Devant son scepticisme, son responsable, le père Xavier, le conduit auprès d’un Exorciste de la vieille école, le père Lucas, dans un petit village paumé qui l’emmènera avec lui faire des travaux pratiques des plus troublants.

Même si en regardant la bande-annonce, le Rite a l’apparence d’un énième film d’exorcisme, avec des petites filles qui vocifèrent en tournant la tête à 360 degré, il n’en a absolument pas le contenu. L’approche est complètement différente, et c’est dans cette différence que réside le principal intérêt. L’histoire tourne beaucoup autour de Michael Kovak et de son manque de foi. Durant son « stage professionnel » il se demandera si le comportement des possédées relève d’un réel cas d’exorcisme ou de la psychiatrie, et en tant que spectateur, on se le demandera aussi. Au-delà de convaincre Michael, le film tente de nous convaincre nous de l’existence du Diable et de la possession, si bien qu’on se demande si aujourd’hui, tous les cas de psychiatrie existants ne relèvent pas du surnaturel ?

Durant le film, la venue du Michael et de ses doutes troublent la vie du Père Lucas. Anthony Hopkins joue le rôle d’un prêtre, qui combat également ses propres démons pour ne pas tomber dans la noirceur. Ses échecs et les questions de Michael lui font perdre peu à peu la foi et ses liens avec le Diable sont de plus en plus dangereux. Un rôle cousu sur mesure pour l’acteur dans un film qui met l’accent sur la psychologie des protagonistes plutôt que sur des scènes à sensation qui vous détournent le regard. Pourtant, le film aurait mérité que l’on creuse davantage dans cette voie, car les scènes d’exorcisme deviennent complètement superflues. Les cas toujours plus troublants méritaient une analyse plus poussée : Comment notre cerveau réagit-il face à des événements insurmontables ? Doit-on mettre tout sur le dos de l’oeuvre du Diable ? Ainsi que nos pêchés ? N’est-ce pas une façon de nous déresponsabiliser ?

Quoiqu’il en soit, même si cette facette du film n’est pas entièrement explorée, il fait la différence.Tantôt drôle, grâce à un Anthony Hopkins désinvolte, tantôt troublant, le Rite est un film très bien réalisé, une vraie réussite !

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