Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

 
231
REACTIONS
Mai 2014 26

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Avez-vous déjà entendu parlé de Growth Hacking ? C’est fort possible parce qu’en ce moment on en parle un peu partout et un peu n’importe comment.
Alors je me suis dit que tant qu’à faire, j’allais moi aussi y aller de mon article pour essayer de démystifier un peu le truc et d’apporter ma modeste contribution au sauvetage d’un terme qui sonne tellement cool qu’il se fait attaquer de toute part.

En effet, si beaucoup parlent d’un Buzzword, nombre sont ceux qui le considèrent plus comme un état d’esprit, le terme regroupant un ensemble de techniques permettant de booster la visibilité et le chiffre d’affaire d’une entreprise.

Le Growth Hacking n’est pas le domaine exclusif de certains expert, il doit être présent à tous les niveaux de l’entreprise. Chaque action de chaque employé doit en effet s’inscrire dans une logique de croissance : support technique, designers, développeurs, financiers ou stagiaires doivent repenser leurs actions dans une dynamique de croissance.

Définition du Growth Hacking

Commençons par demander à Wikipedia ce qu’il sait du sujet :

Le Growth Hacking est un ensemble de techniques marketing développées par des startups technologiques qui utilisent la créativité, la pensée analytique et des paramètres sociaux pour vendre différents produits et obtenir de la visibilité. On peut considéré le Growth Hacking comme faisant partie du Webmarketing, les Growth Hackers étant généralement à l’aise avec le SEO, l’analytics, le marketing de contenu et l’A/B Testing.

Les Growth Hackers se concentrent sur des solutions à faible coût, alternatives au marketing traditionnel comme les médias sociaux et le marketing viral plutôt que l’achat d’espace publicitaire dans les médias traditionnels. Le Growth Hacking est particulièrement développé chez les start-up, car il permet un lancement « Lean » mettant l’accent sur ​​la croissance d’abord, les budgets ensuite.

Facebook, Twitter, LinkedIn, AirBnB ou Dropbox sont toutes des entreprises qui utilisent des techniques de Growth Hacking.

On revient donc à la base de la définition du mot « Hacking » qui correspond davantage à la notion d’astuce que de piratage.

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Growth Hacking : du WebMarketing en mode McGyver

On nous parle de noms connus comme Facebook ou Twitter, qui utilisent régulièrement (mais pas quotidiennement non plus) cette approche du marketing. Cependant on oublie de citer Hotmail, souvent considéré comme la première entreprise a avoir jamais utilisé une technique de Growth Hacking qui ne lui a rien coûté et lui a apporté une visibilité exceptionnelle.
Souvenez-vous, en bas des mails que vous envoyiez avec Hotmail figurait cette petite phrase :
P.S. I love you. Get your free email at Hotmail

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

 

Parmi les autres entreprises citées on trouve également des choses intéressantes :

  • AirBnB avait détourné l’API de Craiglist (l’équivalent américain du site leboncoin) pour y déposer toutes ses annonces et ainsi gratter un peu de trafic
  • Twitter à l’ issu de l’analyse du comportement de ses utilisateur a eu l’idée de forcer un peu la main sur le nombre de Follow à faire après l’inscription et Dropbox
  • Dropbox est probablement l’entreprise qui a élevé le Growth Hacking a son sommet, toute l’histoire de l’entreprise repose sur différents Growth Hacks :
    • Avant de développer son service, Dropbox a réalisé une vidéo de présentation très habilement remplie de Meme qui lui a offert une viralité exceptionnelle
    • Et a généré un trafic conséquent qui arrivait sur une page liste d’attente, étant donné que le développement du service n’avait pas commencé
    • Grâce au nombre d’inscrits sur cette liste, Dropbox a pu faire sa première levée de fonds et commencer à développer l’application
    • Le dernier Growth Hack vous le connaissez tous, il consiste à offrir plus d’espace de stockage à l’utilisateur si celui-ci partage l’application et son amour pour Dropbox

Maintenant qu’on a une vision un peu plus claire du sujet et il est temps de passer à la suite.
Mais avant un petit récapitulatif :

Le Growth Hacking n’est pas

  • Un Buzzword
  • Du vaudou
  • Elitiste
  • Du webmarketing (ou alors un tout petit peu)
  • Ni le piratage du compte Facebook de Weight Watchers

Le Growth Hacking est

  • Un Buzzword (oui un peu quand même) qu’il serait bon de sauver de la dépravation
  • Un état d’esprit
  • Data Driven (on va y venir)
  • Puissant
  • Méthodique
  • Pas cher

Mais concrètement c’est quoi exactement le Growth Hacking ?

Rentrons dans le sujet concret en commençant par un petit schéma :

 

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Le Growth Hacking est à la croisée des chemins entre le Marketing et le développement. Si il n’est pas nécessaire d’être développeur pour être Growth Hacker, c’est tout de même fortement conseillé, surtout dans des structures qui n’ont pas de développeur sous la main.

En effet, la plupart des Growth Hack tournent autour de

  • l’utilisation des outils à disposition
  • et de la création de nouveaux outils permettant d’exploiter les premiers

L’exemple d’AirBNB qui met en place un Bot pour automatiser la publication de ses annonces sur Craiglist en est la parfaite illustration.

On ne parle pas d’être capable de coder des choses ultra-compliquées, mais de connaître un minimum les langages « courants » pour pouvoir tester, modifier, re-tester, re-modifier ses Growth Hacks, ce qui nous amène, subtilement vous en conviendrez, au point suivant des méthodes.

L’entonnoir AARRR

Comme on vient de le voir, le Growth Hacker a un petit côté ingénieur et un petit côté Marketeur et il n’est pas toujours évident d’allier les deux.
Pour se faciliter la vie, les Growth Hackers utilisent des Frameworks de travail dont le plus connus est probablement le Framework ou Entonnoir AARRR imaginé par Dave McClure expliqué ci-après.

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Je ne vais pas vous faire toute l’analyse de la méthode, mais simplement développer un peu sur le AARRR.

A comme Acquisition

On retrouve ici toutes les techniques permettant d’obtenir de la visibilité comme le SEO, le SMM, l’Outbound Marketing, le Content Marketing,  les communiqués de presse,  etc. Mais il est complètement inutile de récupérer du trafic si on ne peut pas l’activer.

A comme Activation

Donc avant d’aller chercher du trafic, on travaille avant tout sur la conversion. Ici, on retrouve principalement les techniques d’Inbound Marketing.
L’Activation a donc pour but – en simplifiant – de récupérer le mail de l’utilisateur afin de pouvoir ensuite le « Retenir ».

R comme Rétention

Ce premier R correspond aux efforts de rétention de l’utilisateur, c’est à dire, comment faire pour que l’utilisateur revienne sur notre site ou ré-ouvre notre App.
Ici on trouve notamment les techniques d’email Marketing et de SMM. Dans le cas d’applis mobiles on aura également des relances par notifications push par exemple.
Une fois que l’utilisateur est retenu et donc content du produit, on va lui demander d’en parler à ses amis.

R comme Referal

Cette étape est critique dans la croissance car à ce moment là ce n’est plus nous qui tentons de convaincre un nouvel utilisateur mais un de ses amis ou contacts. Les mots ont donc une toute autre portée.
La partie referal a longtemps été utilisée sur un mode Win-Win entre le produit et l’utilisateur qui parrainait des amis.

Si c’est encore le cas aujourd’hui, on se dirige de plus en plus vers un modèle Win-Win-Win où la personne qui parraine et le parrainé sont gagnants tout comme naturellement, le produit. Cette étape est essentiellement basée sur la viralité et tout ce qui est publication sur les profils sociaux des utilisateurs, automatiquement ou à l’action. On trouve aussi le système traditionnel de lien d’affiliation.

Bon comme on a déjà fait beaucoup de travail pour en arriver là, il faut bien à un moment penser au nerf de la guerre…

R comme Revenu

Voila c’est dans cette dernière étape que l’on va monétiser le produit et récupérer le sacro-saint numéro de carte bleue. Vous aurez compris que le travail en amont est voué à cette finalité mais qu’il permet également d’être assez « sélectif » en s’assurant que les utilisateurs qui arrivent jusque là y sont pour les bonnes raisons et ne regretteront pas leur choix.

Jouant assez régulièrement avec la viralité sociale, le Growth Hacker connait la puissance mais également le danger que représente la Social Proof et il cherche donc a n’avoir qu’un minimum de clients mécontents.

Dans la plupart des cas, si vous êtes attentif, vous pourrez voir chacune de ces étapes en vous inscrivant à un nouveau service.

La journée type du Growth Hacker

Maintenant que vous savez à partir de quoi il travaille, vous allez pouvoir comprendre plus facilement en quoi consiste le job du Growth Hacker (même si on le rappelle, tout un chacun dans l’entreprise peut et doit essayer de s’imprégner de cet état d’esprit).

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

On peut résumer l’activité du Growth Hacker ainsi :

  1. Il a une idée
  2. Il met son idée en place
  3. Il teste sont idée
  4. Il mesure et analyse les résultats
  5. Il reprend au point 1

Vous voyez c’est pas si compliqué Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Dans cette méthode il y a 4 choses fondamentales à retenir, il faut tester, mesurer, analyser, itérer.
C’est là que l’on trouve les outils propres au Growth Hacker et la notion de Data Driven que j’évoquais plus haut.

Les Outils du Growth Hacker

Le Growth Hacker utilise en priorité des outils d’A/B testing à chaque étape de l’entonnoir.
On peut citer par exemple A/B Tasty, UnbounceOptimizely (ou feu Google Website Optimizer).

Dans la catégorie Mesure et Analyse les nominés sont Google Analytics, Lucky Orange, Clicky, KissMetrics et Mixpanel.
Ces outils permettent de faire des analyses avancées du comportement de l’utilisateur et notamment de faire du Deep Analytics, c’est à dire un suivi de chaque action de l’utilisateur où qu’il se trouve dans l’entonnoir de conversion.

Il y a bien d’autres outils qui sont plus spécifiques à chaque étape, mais faire une liste exhaustive ici serait compliqué…

Le Growth Hacker va donc mettre en place des moyens pour :

  • mesurer le taux de conversion entre chaque étape
  • essayer d’améliorer chacun des ces indicateurs
    • Sur 100 utilisateurs acquis combien ont-été activés (disons 50%)
    • Puis sur ces 50% combien ont-été retenus ? (disons 40%)
    • Puis sur ces 40% combien ont parrainé des amis et si oui combien ? (disons que 20% ont invités 1 ami)
    • Combien ont donné leur numéro de carte bleue sur les 40% d’internautes restants ? sur les 20% qui ont invités des amis ? Sur les amis invités ?

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Bon je crois qu’on a bien dégrossi le truc, allons maintenant faire un tour dans l’actu.

Le Growth Hacking en France

Il est tout bonnement impossible de parler de Growth Hacking sans parler de TheFamily, un accélérateur, Kickstarter, incubateur Booster (enfin ce que vous voulez) de Startups français qui s’est imposé après à peine quelques mois d’existence comme  le porteur du concept dans l’hexagone.Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

A grands coups de vidéos Youtube et de contenu extrêmement pointu orienté Growth Hacking, TheFamily s’est formé une image de Leader en la matière et se pose aujourd’hui comme un phare pour entrepreneurs en quête de croissance dans un contexte économique des moins favorable.

Mais ce qui a fait exploser TheFamily, bien avant le million de Dollars qu’ils viennent de lever (félicitations au passage) c’est l’organisation de Meetups et de Workshops orientés Growth Hacking et la mise en place de KOUDETAT, une formation à l’entrepreneuriat sauce 2.0.

Pour vous faire une idée de la qualité des interventions voici une courte présentation qui reprend plus ou moins les points évoqués ci-avant :

Une journée pour devenir Growth Hacker

Growth Hacking : dépensez moins pour gagner plus

Si cet article vous a donné envie d’aller un peu plus loin, la bonne nouvelle c’est que vous pourrez vous former au Growth Hacking avec l’équipe de The Family le 10 Juin prochain.
Ce workshop s’adressera à un public avec des notions de développement et portera en particulier sur :

  • Les outils pour mettre en place son funnel AARRR : configurer vos outils d’analytics
  • Comment utiliser Facebook comme centre pour growth hacker
  • Une sélection d’outils indispensables pour le Growth Hacking
  • Et des use cases et recettes de Growth Hackers « à refaire chez soi »

Et la bonne nouvelle c’est que les lecteurs du blog bénéficieront de 30% de réduction avec le code PixHacking

Quelques ressources pour aller plus loin…

10255634_533947056714552_5541862483440611132_o

Growth Hacking Workshop #2

Date(s) 10/06/2014
Adresse 25 rue du Petit Musc
Tarif(s) 399€ HT
Code promo PixHacking
Réduction 30%
Site web http://workshop-growthhacking.thefamily.co
iCalendar Google CAL Inscription

growth hacking l\activation doit être analysé avant tout en rapport avec le trafic

hacking

hotmail inscription facebook

Participez à notre étude sur les revenus des blogueurs

N'hésitez pas à participer à notre grande Etude sur les revenus des blogueurs,
si bien sur vous n'y avez pas déjà répondu ;)
2 articles
Yann Fageol est l'auteur de cet article
Entrepreneur 2.0, Yann est passionné de SEO, de SocialMedia, de Wordpress et de Jeux Vidéo. Il est également l'auteur du livre Google+ pour entreprises
Calendrier Webmaster
6
commentaires
Nom *
Mail
Site
* Les pseudonymes "hors sujet" seront supprimés

  • 1
    Greg Il y a 4 mois

    EN fait, le Growth Hacking, tout les webmaster sans budget en font pour leurs sites, avec plus ou moins de réussite. C’est surtout la preuve qui faut faire preuve de plus en plus créativité pour arriver faire parler de soi sur internet

    • 2
      Fabien Elharrar Il y a 4 mois

      Je ne suis pas sur que tous les webmasters en fassent vraiment car ça nécessite pas mal d’analytics et de psychologie comportementale.
      Perso j’en fais à gogo sur presque tous mes sites cela dit ;)

  • 3
    Cédric Allongue Il y a 4 mois

    La plupart des référenceurs et webmarketeurs en font en réalité, sans le savoir. En lisant votre article je découvre que j’en fais moi même, alors que je ne connaissait honnêtement pas ce terme. Merci donc pour l’éclaircissement.

  • 4
    Julien Il y a 4 mois

    Vraiment complet cet article, ça fait du bien une ressource francophone aussi complète sur le sujet :)

    A Greg et Cédric, d’où la caractéristique « buzz word » pour le Growth Hacking, si cela existe depuis 2010 aux Etats-unis ça arrive à peine en France, et cela pose beaucoup de questions: phénomène de mode ou réelle vision du marketing ? Les startups de Palo Alto y ont déjà répondu, nous en France avec nos 4 ans de retard, on en est encore à se poser la question ;)

  • 5
    Christophe Il y a 4 mois

    Le slideshare proposé est génial. Une véritable claque lorsque je l’ai découvert la première fois en… 2008. Et à la différence de beaucoup de conseils techniques, le contenu n’a pas vraiment pris de l’age.

  • 6
    Daniel Il y a 3 jours

    Merci pour cet article très enrichissant.
    Dans la boite à outils du growth hacker, j’ajouterai http://www.foulefactory.com, qui permet d’externaliser en 3 clics des taches, par des milliers de personnes en même temps (Amazon mechanical turk like, mais en français)

  • Sujets liés : ,
    Partagez cet article










    Submit