On a toutes aimé Buffy contre les vampires

Le monde se divise en deux catégories très distinctes : ceux qui trouvent que Buffy est d’une niaiserie navrante et donc qui ne l’aime pas, et ceux qui l’ont déjà classé dans les cultes depuis longtemps.

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Dans la première catégorie on trouve ceux qui n’avait pas l’âge adéquat lorsqu’elle était diffusée sur M6 (de 1998 à 2003), ou encore ceux qui sont tombés sur des épisodes au hasard et qui ont basé leur jugement sur cette première impression. Mais il y a aussi ceux qui gardent un souvenir nostalgique de la série car elle symbolise une partie de leur jeunesse ou, pour finir, les fans inconditionnels qui connaissent tous les épisodes par coeur.

Je dois avouer que je fais partie de cette dernière catégorie. Non seulement Buffy m’évoque mes années collèges avec une petite note nostalgique mais elle est surtout THE série qui m’a amené à en aimer bien d’autres.

Aujourd’hui j’ai mûri, j’ai visionné des centaines d’autres séries TV et pourtant je n’en apprécie que davantage le génie de celle-ci (et non, je n’exagère pas).

Un scénario pas réellement déroutant …

L’histoire est simple, Buffy est la « Tueuse », l’élue qui a pour mission de combattre le mal et … c’est tout. J’admet sans mal que, vu de loin, cette série parait idiote, naïve ou prétentieuse avec son héroïne toute puissante et ses clichés qui se ramassent à la pelle. On y trouve de beaux vampires ténébreux et torturés, des amis qui servent avant tout de faire-valoir et des monstres pas toujours très crédibles avec leurs corps en caoutchouc. Oui, mais c’est sans compter sur l’immense auto-dérision dont la série fait preuve ou encore sur le talent de faire évoluer ses personnages de manière tout à fait passionnante.

Une série bien formatée

En effet, si les créateurs de Buffy avaient construit les sept saisons qui composent la série sur le même modèle que la première, je n’aurais pas donné cher de sa peau. Un lycée américain typique avec ses élèves plus ou moins populaires, une petite bande de chasseurs de vampires empotés et une série de monstres digne des pires navets dans la catégorie horreur. Mais en réalité Buffy c’est bien plus que ça. La recette est ultra simple mais d’une efficacité bluffante : une saison (environ un an dans la série) = une apocalypse assurée à la fin de celle-ci.

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Autrement dit, on trouve un gros méchant par saison qui en fait baver à nos héros et qui donne surtout un prétexte pour créer le suspens tout au long des 22 épisodes qui composent la saison. L’autre point fort de la série c’est bien sûr le cercle de personnages qui entoure notre héroïne.

Buffy sans ses amis ce n’est plus Buffy. Histoires de coeur, entrée dans la vie professionnelle, apprentissage de la magie et autres péripéties composent le cheminement progressif de chacun. Il se passe toujours quelque chose et nous avons l’impression de grandir avec eux. La mutation de certains personnages est même très frappante. Tout le monde ce souviens de Willow, petite intello réservée au début de la série qui devient progressivement la plus puissante sorcière de l’hémisphère. Ou encore le sanguinaire Spike qui change du tout au tout entre sa première apparition en tant que super méchant et sa dernière, où il s’est quasiment métamorphosé en prince charmant héroïque.

Un pot-pourri de genres

Buffy c’est aussi l’art d’allier dans la même série un grand nombre de genres : horreur, humour, drame, romance, combat … Le tout sur un ton d’auto-dérision. Par exemple, dans un épisode, Buffy rencontre un vampire qui fait la psychanalyse de l’héroïne entre deux combats. Conclusion, Buffy se rend compte qu’être la Tueuse lui a donné la grosse tête mais qu’importe ! Elle assume et fini par tuer son vampire car c’est sa mission. Certains épisodes sont aussi de véritable exercices de style. On ce souvient de celui où toute la ville perd la parole, très bon prétexte pour multiplier les blagues potaches et les petites romances entre deux combats silencieux. Ou encore celui où toute la bande à Buffy perd la mémoire. Chacun y allant de ses déductions hasardeuses, il en découle quelques situations cocasses comme par exemple Giles et Anya qui croient être en couple ou encore Spike qui croit être le fils de Giles. Pour finir je me dois de citer le mémorable épisode où tout le monde est sous l’emprise d’un démon qui les force à chanter et à danser. Buffy version comédie musicale et de bonne qualité qui plus est ! Il n’y a que dans Buffy que l’on verra des épisodes absurdes mêlés à d’autres, dramatiques au possible, qui traitent de la mort de proches ou de la fin du monde.

Un contenu adapté aux adolescents

On y trouve même des sujets plus délicats comme la sexualité, l’homosexualité, la dépression ou encore la pression scolaire. A ce propos, qui a dit que Buffy était un programme jeunesse ? Non parce que quand notre héroïne est prise d’une soudaine envie de vivre une relation purement sexuelle basée sur la violence et l’attrait des ténèbres avec Spike, qu’ils font des galipettes dans tous les recoins, petites gâteries et gestes explicites compris, c’est peut-être dans l’intention d’éduquer les jeunes marmots ? Non, Buffy a juste grandi avec nous, elle est humaine, fait des erreurs et en tire des leçons elle aussi. Et puis, qui ira lui reprocher de s’être laissée séduire par le sombre Spike ? Pas Bella en tout cas. La preuve que nos chers Cullen n’ont rien inventé.

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La définition de culte est : « suscitant l’engouement d’une génération », je crois que l’on peut aisément accorder ce terme à Buffy contre les vampires. Cette série a bercé notre jeunesse, nous a fait passer de bons moments et reste pour moi l’une des meilleures séries de ma génération.

Pour les grands nostalgiques ou ceux qui voudraient simplement tenter l’expérience, la Fnac a sortie cet été une édition spéciale de l’intégrale de la série. Sept saisons, un coffret extra fin (pour son contenu en tout cas) et un design sobre, le tout pour la modeste somme de 120 €.

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